Evaluer le risque suicidaire : fiche clinique synthétique


Introduction

« Le suicide, défini comme l’acte délibéré de mettre fin à ses jours, est une des causes de mortalité les plus fréquentes dans le monde occidental ». Lampros Perogamvros et al (2010)

  • L’intensité de la dépression ne semble pas liée au niveau du risque suicidaire (ce n’est pas suffisant !). L’anxiété semble être un meilleur prédicteur.
  • Une bonne évaluation du risque suicidaire se fait indépendamment de tous les autres facteurs.
  • Protection du psy en cas de suicide : Toujours marqué dans le dossier d’un patient « à risque » l’évaluation du risque suicidaire.
  • Avec le patient : recherche d’information et discours socratique. Laisser sortir l’émotion avant de travailler avec l’intellect.
  • Voir les facteurs de risque que peut présenter le patient

Comment évaluer le risque suicidaire ?

Chez les jeunes, les facteurs de risque sont les suivants : disputes parentales, violences familiales, agression …

  • Y-a-t-il un scénario en place ?
  • Y-a-t-il un support social ou un autre facteur de protection ?
  • Ne pas se fier à notre seule impression clinique : ça ne suffit pas ! On ne retrouve pas de corrélations entre impression et risque suicidaire.

Qu’est-ce qu’une urgence suicidaire élevée ?

  • Décision prise, plan pour se suicider ? 
  • Sujet coupé du monde ou au contraire très émotif
  • Grande sidération ou grande agitation
  • Vérifier l’expression des émotions
  • Sentiment d’avoir tout essayer, sentiment d’inutilité
  • (Se méfier des patients qui paraissent très sereins, ils peuvent avoir pris leur décision!)

Quels outils peuvent-être utilisés ?

  • BDI 13 -21 ; Le diagramme HARD (Ruffin, Ferreri ; 1984) : 12 items évalués de  0 à 6 en 4 pôles. Des calculs sont à faire dont anxiété * danger.
  • SSI de Beck : idéation suicidaire. Echelle validée. 
  • RSD : Risque suicidaire de Ducher. A partir de 7 : hospitalisation !!

–          Echelle très utile pour la pratique clinique : pour l’obtenir : http://jumga.fr/wpcontent/uploads/2011/12/suicide.pdf

Types de questions à poser avec la RSD : 

  • « Avez-vous des idées noires ? » (Commencez par ça, et reformuler si doute)
  • « Je ne dis pas que vous le feriez, mais des idées … »
  • « Vous pourriez le faire à des moments ? »
  • « Quelque chose pourrait vous empêcher de le faire ? »
  • Toujours voir le désir passif de mourir : « Et si vous pouviez toujours dormir, sans jamais vous réveiller ? »
  • Toujours reformuler et revalider les dires : « Et si vous n’aviez pas votre famille ? »

La RSD permet d’évaluer le risque suicidaire à un niveau décisionnel.

0 : pas d’idées de mort

2 : idées de mort

4 : idées de suicide

6 : désir passif de mort

8 : volonté active de mourir

10 : passage à l’acte

Suicide_medium

Après passage à l’acte ?

  • Létalité de l’acte (par ex. voir les dommages physiques) n’est pas un bon prédicteur d’une potentielle rechute. Meilleur facteur prédictif : les préoccupations qui ont été prises pour ne pas être découvert.
  • Outils :

–          SIS de Beck : le questionnaire d’ intentionnalité suicidaire.

–          RRRS de Weisman & Warden (1972).

–          EGCS de Granier et Boulenger : Gravité des conduites suicidaires.

–          Echelle de désespoir de Beck : auto-questionnaire qui permet un repérage mais qui n’est pas fluctuant.

  • Devant une patiente qui présente un sentiment de honte devant ses idées suicidaires : lui préciser que les idées suicidaires font parties des symptômes de la dépression et qu’il y a une différence entre y penser et le faire = déculpabiliser au maximum.

Bibliographie 

  • La dépression en 60 questions du Dr Ducher (utile aussi pour la famille) : chapitre sur le suicide : utile pour répondre aux questions et expliquer le suicide à un patient. 
  • Lampros Perogamvros, Ioana Chauvet, Grégoire Rubovszky. Quand référer aux urgences un patient présentant une crise suicidaire ? Rev Med Suisse 2010;6:1555-1557
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5 réflexions au sujet de « Evaluer le risque suicidaire : fiche clinique synthétique »

  1. Le problème, il me semble, de ce genre d’outils (qui n’est pas du tout enseigné dans mon université), c’est que les patients… les voient venir. J’aurais vraiment envie de me suicider que je ne serais pas honnête. Comment fait-on dans ces cas-là ?

  2. Je me suis fait la même réflexion que Träumerin…
    Je crois que le lien pour l’échelle pour la pratique clinique est mort :/

  3. quand vous dite « Se méfier des patients qui paraissent très sereins, ils peuvent avoir pris leur décision! » je sais que cette phase à un nom pourriez vous me la rappeler svp

  4. Il me semble que ce n’est pas grave que les patients voient venir les outils… Au contraire, j’ai appris qu’il fallait rentrer dans le vif du sujet et utiliser les mots plutôt que de tourner autour du pot : utiliser le mot suicide, mort… Cela leur permet de se rendre compte qu’ils ont été entendu et pris au sérieux. Une façon d’évaluer le risque est de demander s’ils y pensent souvent, quel est leur plan, ont-ils choisi le moment, le lieu…

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