L’Approche Centrée sur la Personne (ACP) de Rogers par Stéphanie Klein


Aujourd’hui une lectrice a eu la gentillesse de me proposer un article qu’elle a rédigé elle-même sur une approche qu’elle affectionne particulièrement ! Je vous laisse la lire et la remercie encore pour son investissement pour le site ! 

L’Approche Centrée sur la Personne :
Une philosophie de vie à la portée de tous !

    La pratique thérapeutique de cette approche, développée par le psychologue humaniste Carl Rogers dès les années 1940, consiste en « une relation structurée de façon précise, offrant au client un climat d’ouverture, de non-jugement et de compréhension, qui lui permet une profonde expérience de soi, le rendant capable de réaliser son potentiel ». (www.afpacp.fr)
Carl Rogers part du principe que l’Homme a une orientation fondamentalement positive et qu’il a en lui, ce qu’il appelle « une tendance actualisante », qui n’est autre que le désir profond de s’épanouir et la capacité de chacun à se réaliser.

  • Une relation d’égal à égal au premier plan

    Il importe d’être à l’écoute de ses propres ressentis et de ceux de l’autre. C’est un partage d’expériences, il n’y a pas de système hiérarchique qui s’installe entre le thérapeute et le client. C’est un échange de personne à personne inscrit dans l’instant présent.
Le thérapeute n’est pas considéré comme le détenteur d’un savoir sur l’autre et sur son psychisme. C’est le client qui détient toutes les réponses à ses questionnements, il est le seul à savoir ce qui est bon pour lui, il a la capacité de développer lui-même ses potentialités, qu’il a de façon innée en lui. Le thérapeute est un accompagnateur. Il accompagne l’autre dans sa démarche. Sans pour autant négliger l’histoire personnelle et les projets du client, il l’accompagne en étant d’abord attentif aux émotions qui circulent dans l’instant présent, et qui prennent vie dans la relation.
« La source de toute « connaissance de soi » est « l’expérience immédiate » de soi. »

  • Absence d’étiquette, absence de dogme

    Le client n’est pas « étiqueté» et n’entre dans aucune case. Le client s’appelle « client » car le terme « patient » suggère qu’il est malade. Or, le client n’est pas malade. Il est un être humain à la recherche de lui-même, il est un être humain qui en rencontre un autre dans l’objectif d’aller à sa propre rencontre.

   C’est la relation entre le thérapeute et le client qui va permettre un changement dans l’état psychique du client. Un changement non provoqué, un changement simplement accueilli lorsqu’il se présente. Un changement qui se fait naturellement vers un bien-être intérieur et extérieur, vers un sentiment d’authenticité, de congruence, vers le sentiment d’être exactement là où l’on « doit » être, non par obligation, mais par évidence.

solios-CarlRogers
 Les trois attitudes à adopter par le thérapeute

C’est en adoptant trois attitudes particulières que le thérapeute va permettre à l’autre de se trouver dans la relation : la compréhension empathique, la congruence (être vrai), le regard positif inconditionnel (absence de jugement)

  • La compréhension empathique :

    « L’état d’empathie, ou la qualité d’être empathique, consiste à percevoir avec précision le cadre de référence interne de l’autre, les composantes émotionnelles et les significations qui s’y rattachent, comme si l’on était la personne elle-même, mais sans jamais perdre de vue le « comme si » » (Rogers, 1980)

  • La congruence

    Pour Carl Rogers, par « congruence », il entend « authenticité ».

    « Plus le thérapeute est lui-même dans la relation, n’affichant pas de façade professionnelle ou d’image personnelle, plus grande est la probabilité que le client changera et se développera d’une manière constructive. Il y a un état d’unification, ou congruence, entre l’expérience émotionnelle en cours au niveau des tripes, la conscience de cette expérience et ce qui est exprimé au client ». (Rogers, Une approche centrée sur le client, centrée sur la personne) C’est le souci de concordance, d’harmonie, entre l’expression verbale et l’expression non verbale, toutes deux simultanément en mouvement

  •  Le regard positif inconditionnel

    Pour Rogers, il est question d’une acceptation totale de l’autre, d’une considération positive inconditionnelle de l’autre dans son être entier.
    « Cela veut dire que lorsque le thérapeute fait l’expérience d’une attitude positive, exempte de jugement, acceptante envers ce que le client est sur le moment, quoi que ce soit, alors un mouvement thérapeutique, ou changement, est plus probable. Cela demande la volonté du thérapeute de laisser le client être le sentiment qu’il est en train de vivre, quel qu’il soit confusion, ressentiment, peur, colère, courage, amour ou orgueil. C’est une attention non possessive. Lorsque le thérapeute accepte le client d’une manière totale plutôt que conditionnelle, un mouvement en avant est probable ». (Rogers, Une approche centrée sur le client, centrée sur la personne)

  •  Une manière d’être avant tout

    Controversée, critiquée, oubliée, éclipsée par les centaines d’autres formes de psychothérapie existantes, l’approche centrée sur la personne est une approche purement humaniste et expérientielle. La subjectivité et l’expérience sont encore trop associées à des savoirs non valides, illégitimes, à ne pas prendre en compte. Car ce sont des savoirs non généraux et propres à chacun, ce sont des savoirs personnels que l’on ne peut répertorier, classifier, universaliser. Il a néanmoins été observé que les trois attitudes ci-dessus évoquées sont des attitudes favorisant la relation et la réalisation de soi-même, quelles que soient les cultures, quelles que soient les religions, quels que soient les types de relation, quelle que soit l’époque, quelles que soient les personnes.

    L’Approche Centrée sur la Personne est à la fois un art, une technique, une façon d’être. Quelle que soit notre appartenance : professionnelle, sociale, culturelle (…), elle n’est pas extérieure à nous. Elle favorise le « bien-être » individuel et le « bien-vivre » ensemble.

   « L ‘ACP n’est pas un salut hors de [nous] mais une potentialité à découvrir en [nous]. » (Gérard Mercier, docteur en psychologie, psychologue clinicien, psychothérapeute agrée AFP-ACP, supervision de professionnels du travail social et de la psychothérapie.)

Pour en savoir plus…

  • Association Française pour la Psychothérapie dans l’Approche Centrée sur la Personne http://www.afpacp.fr/
  • Geneviève Odier (Eyrolles, 2012). Carl Rogers. Etre vraiment soi-même.
  • Carl Ransom Rogers (Dunod, paru en 1968 et réédité en 2005). Traduit de l’anglais par E. L. Herbert. Le développement de la personne.
  • Carl Ranson Rogers (Dunod, Paris, 2006). Traduit de l’anglais par Daniel Le Bon. Les groupes de rencontre, animation et conduite de groupes.
  • Carl Rogers (ESF, 17ème édition : 2011). Traduit de l’anglais par J.P. Zigliara. La relation d’aide et la psychothérapie.
  • Gérard Mercier (De l’écrit au Livre, 2010). Essai, Préface de Brian Thorne. Métamorphoses au fil de l’Approche.
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3 réflexions au sujet de « L’Approche Centrée sur la Personne (ACP) de Rogers par Stéphanie Klein »

  1. Etudiante en L1 de psychologie, je dois avouer que c’est ainsi que je vois celle ci. J’ai encore beaucoup de chemin à faire et de choses à apprendre,j’ai le temps de voir d’autres horizons. Mais en tout merci beaucoup pour cet article et les autres.

    F.

  2. je vous remercie de me compter parmi vous et aussi de me fournir des renseignements en psychologie;mais une question encore ;comment peut ont appréhender le concept de la mémoire en psychologie?

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