Témoignage d’Emmanuelle : Concilier vie de famille et études de psychologie.


cote-parents-en-famille-travail-et-vie-de-famille-hs1-1-5392.jpg-5392-556x556Pas toujours évident de concilier à la fois sa vie de famille, ses études et tous les soucis de la vie quotidienne. Emmanuelle nous donne ses conseils pour gérer au mieux cette situation.

  1. Peux-tu te présenter aux lecteurs ?

Je présente : Emmanuelle, 25 ans, célibataire, maman d’une petite fille de 8 ans.

Après avoir passé un BEP « services aux personnes », j’ai obtenu un diplôme d’aide-soignante qui m’a permis de travailler en maison de retraite. J’ai tout de suite su que ma place était auprès des personnes âgées. J’ai un profond respect pour celles et ceux qui ont tant à nous apprendre et pour qui nous nous devons d’apporter un mieux-vivre, un mieux-être au quotidien. Par la suite, mon expérience sur le terrain m’a fait réaliser que ce n’était pas l’approche médicale que je voulais privilégier.

J’ai donc, pour affiner mon projet professionnel, repris mes études pour étudier la psychologie. Le corps est inséparable de l’esprit, et ces deux sont endoloris, fatigués, altérés par le vieillissement. La détresse psychique dans laquelle les personnes âgées sont parfois plongées m’a touchée et m’a donné envie d’agir, non plus de la place d’aide-soignante, mais de celle d’une psychologue. Après avoir obtenu ma licence je me dirigerai vers un master en psychologie clinique.

  1. Comment arrives-tu à concilier vie de famille et étude universitaire ?

Ce n’est pas toujours aisé, entre les cours qui finissent à 20h,  les examens qui arrivent très vite sans semaine de révisions… On a plutôt intérêt à carburer au café ! Je ne pense pas que ma situation soit si courante, ce sont souvent des personnes en couple qui reprennent leurs études, au niveau familial c’est quand même plus simple. De même que financièrement. Il faut avoir une volonté de fer et/ou vraiment aimer ce que l’on fait et dans quoi on se lance parce que ça demande beaucoup de travail personnel, en groupe avec peu de temps pour réaliser des dossiers… à assumer en plus des devoirs, des activités extrascolaires, des chevilles cassées ou encore des conflits de copinage, sans oublier le ménage, les courses….c’est un véritable marathon !

  1. Comment se passe ton intégration auprès des autres étudiants ?

Comme je suis encore jeune, je n’ai pas beaucoup de décalage avec les autres étudiant(e)s. Je suis dans une petite faculté en Bretagne donc c’est une chance, on se connaît presque tous, c’est plutôt une ambiance sympa !

  1. Comment fais-tu pour garder ta motivation ?

Ah ben ça… C’est une bonne question ! J’aime ce que je fais, ce que j’apprends et je n’ai pas envie d’attendre que ce soit plus facile ou quand ma fille aura grandi. Et puis je suis déjà à plus de la moitié du parcours !!! Alors je m’accroche, le jeu en vaut la chandelle !

  1. Y-a-t-il des aménagements de prévu à la fac pour les personnes qui ont une vie de famille ?

Oui, tout à fait. La faculté met en place un système de dispense d’assiduité de cours pour les chargés de famille, ce qui nous donne entre guillemets le droit de ne pas assister aux TD qui sont normalement obligatoires (surtout dans le cas d’une personne boursière). Au niveau financier, c’est un peu compliqué pour moi, mais je suis dans un cas particulier, car je ne touche que la bourse du crous. Il est possible de rencontrer l’assistante sociale de la faculté pour des aides ponctuelles par contre.

  1. Quels conseils peux-tu donner aux parents qui souhaitent reprendre des études ?

Allez-y foncez !! Quelle galère, mais quelle BELLE galère… Que d’apprentissages, de rencontres, de nouveauté !! Lancez-vous, prenez des risques, ça paie !

(Illustration : © Gayanée Beyreyziat)

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15 réflexions au sujet de « Témoignage d’Emmanuelle : Concilier vie de famille et études de psychologie. »

  1. Article très intéressant merci de ton partage ! Je voulais simplement ajouter qu’il y a beaucoup plus de personnes qu’on ne le pense qui reprennent leurs études en ayant une famille a gérer, simplement elles choisissent peut etre plus souvent l’enseignement à distance, où près de la moitié (du moins c’est mon impression) ont une famille et un job à gérer. Je vous tire mon chapeau car il faut beaucoup de courage et de persévérance !!

  2. Emmanuelle, juste pour dire que ça fait du bien de lire ce genre de témoignage. Je suis certes pas une maman célibataire, mais j’ai un bout de chou de 14mois et un job à temps plein (50h/sem). Malheureusement sur ma fac les masters ne sont pas ouvert à distance alors pour le moment je suis en licence. C’est bien dommage, car je ne peux arrêter de travailler pour poursuivre mes études, financièrement ça serait impossible. En tout cas courage pour la suite 😉

  3. Effectivement nous sommes bien plus nombreuses qu’on ne le pense. Pour ma part : « jeune » divorcée de tout fraîchement…. Aaaatchoum!……ans, un ado de 16 ans et un autre de 12, un chat, un chien et….. je sais…. beurk….. un serpent :-(. Entre études (oui au pluriel car il y a les miennes de psycho mais aussi celles de mes loustics qui sont en 2nd pour l’un avec un bonus puisqu’il est dyslexique et dysorthographique et en 6ème pour l’autre), job et activités extra-scolaires, il ne me reste…. comment dire….. heummm….. pas beaucoup de temps ! Mes journées commencent à 5h et se terminent à 23h/minuit. Je ne me plains pas, je n’avais qu’à travailler à l’école plus jeune 😉 une bonne leçon que je ne cesse de répéter à mes loulous lorsque la vérification des devoirs devient un peu trop fastidieuse. Enfin bref, tout cela pour dire que, d’une part on y arrive (si si j’vous jure!), et d’autre part, il n’y a pas d’âge pour réaliser ses rêves…. C’est pas tous les jours facile (mes cernes vous le confirment) mais bon sang, qu’est-ce que c’est bon !!!! Alors bon courage à vous toutes et ne lâchez rien….. bon, j’y retourne, j’ai mes partiels lundi……. o.O

  4. Bonjour à tous. Quand je vous lis je me dit que tout estime possible. J’ai 40ans un job qui me lasse et je rêve d’être psychologue. Je devrai reprendre à distance car je dois garder mon boulot aujourd’hui. Deux enfants à m’occuper un mari pas présent. Qui a franchi ce pas? J’ai besoin de vous pour m’aider amedzcider.merci pour vos réponses.

  5. Bonsoir, J’ai aussi 40 ans, deux enfants, un job qui ne passionne plus ..et je voudrais devenir psychologue en passant par paris 8 … Je pense que déjà il ne faut pas écouter l’entourage qui vous décourage et qui vous dit : Mais tu es folle, tu as un bon travail … en ces temps de crise, tout de même … 5 années minimum d’études c’est effrayant en effet. Je suis décidée mais je ne suis un peu perdue aussi

    • bonjour, tout d’abord rappelez-vous que c’est votre vie et non celle des autres que vous vivez… ensuite Paris 8 me semble pas mal mais je ne pense pas avant la 2ème année. En effet, il vaut mieux suivre les cours avec des profs en face pour la 1ère année pour la simple et bonne raison qu’entre ce que demande réellement les profs aux examens et notre perte d’habitude des études il vaut mieux sur mettre sur les bons rails pour bien commencer et ensuite pourquoi pas. Sans compter que pour nos les plus âgés, nous ne devons payer QUE les frais d’inscription (environs 200€ pour l’année dans une Fac traditionnelle contre 800 et quelques pour Paris 8!)…. Par contre, attention car à chaque Fac sa spécialité… je m’explique : il y a différente spécialisation en Fac exemple à Rouen ils sont spécialisés psychanalytique donc il vaut mieux adhérer et aimer la psychanalyse (très tordue et perturbante à mon sens). Les profs recommandent de faire les 2 premières années d’études dans une Fac et la dernière dans une autre, histoire de voir différentes spécialités afin d’étoffer nos connaissances. Dernière chose à savoir également et qui a son importance : la dernière année s’atteint sur concours càd qu’il y a 15 places (en moyenne) pour 250 dossiers et ces places son ouvertes à toute la France. Je ne dis pas ça pour vous faire changer d’avis mais juste pour que vous sachiez où vous mettez les pieds. En clair, sans la dernière année vous ne pouvez pas être psy donc vous pouvez faire 4 années (3 de licences et 1 de master) pour ne jamais finir psy. Voilà, j’espère vous avoir apporté des réponses et vous souhaite de belles réussites quoi que vous décidiez d’entreprendre….. 😉

      • merci pour ces conseils qui me permettent d’y voir plus clair. J’habite une petite ville de province où
        la fac de psy la plus proche est à 2H de trajet. Ayant une responsabilité de chef de famille, je ne peux pas partir deux ans (pour les deux premières années sur les bancs) … Je réfléchis … merci pour vos bons souhaits 😉

      • oui c’est mon cas aussi, enfin quasiment puisque ma fac est à 1h15 de chez moi 😉 c’est un lourd investissent tant en fatigue qu’en organisation mais vraiment ça n’a pas de prix de faire ce qu’on aime vraiment… le seul conseil que je peux vous donner c’est de bien peser les pour et les contre et ensuite la décision s’imposera toute seule… bon courage

  6. génial, merci pour cet article et les commentaires!
    Ca y’est je me lance également dans cette grande aventure. 32 ans mariée, 1 enfant, un travail sûr, je me suis inscrite à Reims à distance. Impossible de quitter mon travail, donc on va faire pour tout concilier. Mais ça fait peur de se lancer dans l’inconnu sans connaitre personne, ni les lieux etc… C’est une chouette expérience qui commence et qui sait, peut être une nouvelle page qui se tourne…

  7. Ca me rassure ! J’ai peur mais je vais me lancer. 35 ans maman de 2 enfant, je travaille aussi, mais je veux réaliser mon rêve ! ❤ Bravo !

  8. bonjour,

    je vais la faire rapide : j’ai repris des études de psycho en L1 en 2013 ( je pouvais avoir une passerelle puisque j’ai déjà un master de droit mais , reprenant ces études à lille , qui est une fac à dominante scientifique , je voulais avoir les bases en neuro et en stats). J’ai 3 jeunes enfants , mon mari bosse environ 90 heures par semaines donc totalement indisponible…
    En septembre je rentre en L3 (avec des notes plus que correctes:-) )… j’ai mis des années à me décider à sauter ce pas , les personnes avec qui j’en discutais auparavant me disaient tous que c’était un pari quasi impossible… et bien , si , c’est faisable!!… certes ce n’est pas de tout repos , j’ai une organisation en béton , je me suis créé une groupe de « copines en reprise d’études » qui sont motivées , bosseuses ( mais pleines d’humour en même temps!!) , je travaille déjà mon réseau ( profs , professionnels) pour mes futurs stages et emplois…. j’aime profondément ce que je fais et n’ai jamais regretté une seconde ce choix de vie. Je sais que la L3 et le M1 vont être compliqués à gérer car cela demande une masse de travail importante mais je me fais confiance!

    • coucou M

      je me sui inscrite a rennes en l1 je sui maman ma fille a 2ans et demi, boulo tps plein de nuit…
      tout dabor mes felicitations pr ton parcours du combatant.
      pourais tu me dire environ combien d’heures par semaine tu consacre a tes etudes? c pour me donner une idee, javou ke g une peur bleu détre largué…
      merci a bientot

      • bonjour nathalie!
        merci
        je ne vais pas pouvoir te repondre précisemment car cela dépend vraiment des semaines , des moments de l’année etc mais je peux te donner quelques pistes ( avec le peu de recul que j’ai) dans le désordre …
        -Après la motivation , la chose vraiment très importante quand on a plusieurs vies ( enfants , boulot,…) c’est l’organisation : ce qui m’aide moi c’est de bien poser mon emploi du temps en début de semestre , je vois ainsi concrètement les plages horaires que j’ai pour bosser mes cours, je prévois les gardes de mes enfants en période de révision intensive ( avant les partiels) ;
        -il faut que tu saches également à quel courant appartient ta fac ( plutot psychanalytique , TCC,etc…) : en commençant à Lille , je savais que c’était une fac très cognitive et neurosciences et que ces matières seraient donc importantes, que je devrai les bosser plus .
        – tu dis que tu as peur d’être larguée et c’est complètement normal , tu vas vraiment découvrir , ou redécouvrir la fac , et , quand tu reprends des études , c’est complètement différent de ce que tu as vécu à 18 ans … les premières semaines de L1 , c’était assez étrange , je savais que ces études allaient me plaire mais j’étais parmi 1600 étudiants , les amphis étaient bondés et super bruyants , je ne connaissais personne ; mais peu à peu j’ai fais connaissance avec des personnes de mon age ( et des plus jeunes également :-)) ; un des conseils que je peux te donner est de ne pas rester seule , d’essayer d’échanger avec d’autres étudiants ( en TD , on est toujours avec les mêmes étudiants , ça aide beaucoup!)
        -les questions qu’on se pose également souvent quand on est  » plus agés » : savoir si on a encore assez de mémoire/faculté de concentration/… pour reprendre 5 ans d’études : je peux t’affirmer que ça revient TRES vite.. le fait de découvrir des domaines que l’on ne connait pas forcément , de rencontrer des profs passionnés et passionnants créent une soif d’apprendre , de creuser certains thèmes et stimulent la mémoire , les capacités cognitives
        -au niveau méthode de travail , c’est propre à chacun et dépend également de ta fac : à lille on a des TD chaque semaine et donc du boulot à faire régulièrement ( exercices en stats , texte à lire , résumé , questions,…) , ce qui permet de dégrossir régulièrement ce que tu apprends en CM.
        le fait d’assister aux cours est également un gros plus , tu intègres quand même beaucoup mieux la notion quand tu as en t^te les détails que le prof a donné verbalement ( mais pas de stress si tu ne peux pas assister à tous les cours : la plupart des profs mettent leurs diapo sur l’ENT de la fac , les étudiants échangent beaucoup de cours sur FB!)
        – c’est également important , à mes yeux en tous cas , de commencer à se créer un réseau en discutant avec des professionnels , en échangeant avec les profs , discuter avec eux de ton projet , leur demandant des conseils..tu retrouveras certains des enseignants que tu as en L1 tout au long de ton cursus , ça peut se révéler très utile quand tu chercheras un prof pour encadrer tes mémoires , un stage… et ces profs peuvent également être dans le jury du M2 que tu souhaites intégrer ( ne jamais oublier que la véritable sélection se fait à la fin du M1;-))
        – il faut essayer de bosser toutes les matières : évidemment il faut privilégier les matières à gros coeff ( cela dépend ici également de l’orientation de ta fac) mais il faut assurer une note minimum partout ( et même la moyenne) : par exemple pour l’anglais : à partir de la L2 , beaucoup de textes (, que ce soit en psychosociale , en psy générale , etc )qu’on doit lire chaque semaine , sont en anglais… autre exemple : pour les stats : à lille , c’est une matière éliminatoire : les dossiers de candidature en M2 sont systématiquement rejetés si le candidat n’a pas la moyenne en stats..
        – savoir ce que tu veux faire comme spécialisation est motivant bien sur mais, des fois , se dire qu’on en a pour 5 ans peut sembler trèèèèès long.. donc voir à court terme est également bon pour le moral ( pour moi en tous cas;)) , faire en sorte d’avoir son année , avec les meilleures notes possibles , histoire d’avoir un bon dossier.. et voir une année à la fois..

        voilà , c’est un peu brouillon mais j’espère que cela pourra t’aider un petit peu..

        bon courage et n’hésites pas!

    • Bonjour

      J’ai 37 ans , j’ai 3 enfants, mariée, mais je me demande quand même si on arrive à accorder encore du temps à sa vie de famille en reprenant ces 5 ans d’études ?
      et qu’elle est la formule la plus adaptée, reprendre en présentielle ou à distance ? Comment aménagiez vous vos horaires et vos semaines ?
      D’autres part je vois que vous avez repris en présentiel, avez vous eu des financement pour continuer à avoir une rémunération même si diminuée.
      Merci par avance,
      Emma

  9. Bonjour,

    J’ai 35 ans, marié, 4 enfants allant de 14 ans à 11 mois. J’ai repris mes études en 2012 en faisant une capacité en droit sur 2 ans, puis LI à distance à Rouen que je n’ai pu finir bébé 4 à pointé le bout de son né.
    Je voudrais reprendre en septembre ma licence mais en présentiel, je suis encore en congé parental jusqu’en sept 1017, quel mode de garde avez vous choisies pour vos enfants ? (car je n’ai droit a aucune aide normal étant en congé) et je suis assez loin de ma famille.

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