Etre psychologue en libéral : 4 femmes témoignent et vous racontent leur parcours !


Sommaire de l’article : 

  1. Témoignage de Marion Amiel : comment s’installer quand on est jeune diplômé; se faire accompagner par un conseiller; se faire connaitre; la médiation animale … 
  2. Témoignage anonyme, psychologue en libéral depuis 4 ans : l’importance de la formation; l’aspect financier (salaire; statut, charges …) ; la spécialité EMDR; être chef d’entreprise; faire passer des bilans psychométriques + association de sécurité routière, l’insécurité du libéral…
  3. Témoignage de Delphine Renard: psychologue en ligne; psychologue pour expatriés, conseils à ceux qui souhaitent se lancer…
  4. Témoignage de Laurie: parcours; syndrome de l’imposteur; cumuler cabinet + activité en institution … 

Témoignage de Marion Amiel

Fraîchement diplômée, j’espérais pouvoir trouver un poste à temps partiel et démarrer une activité libérale à côté. Ne trouvant pas d’emploi, j’ai finalement décidé de me lancer en libéral plus tôt que prévu… J’ai commencé par me renseigner sur les différents statuts qui existaient, et j’ai parlé de mon projet à Pôle Emploi. On m’a alors proposé un accompagnement qui s’appelle ACTIV’CREA, où j’ai pu être accompagnée par une conseillère qui répondait (et répond toujours d’ailleurs) à toutes mes questions. J’ai choisi le statut de micro-entreprise, qui est le plus avantageux pour démarrer une activité du fait des charges peu élevées. Je bénéficie notamment de l’ACCRE, qui est une aide permettant de réduire les charges durant les trois premières années de l’activité. 

Au départ, n’ayant pas suffisamment d’argent de côté pour louer un local, j’avais l’idée de faire des consultations à domicile… mais je me suis vite rendue compte que j’avais besoin de mon espace à moi, avec mon matériel afin, certainement, d’avoir plus de facilités à poser un cadre. J’ai finalement pu trouver un local dans un Pôle Santé, situé dans un village juste à côté de ma ville de résidence. Pour moi, intégrer un Pôle Santé est un vrai plus car cela amène une certaine visibilité : plusieurs personnes m’ont appelées parce qu’elles étaient venues voir le kiné, l’hypnothérapeute… Mais cela ne suffit pas bien sûr. Avec ma conseillère, nous avions fait une liste de ce que l’on appelle des « prescripteurs » : ce sont ceux qui peuvent nous adresser des patients (médecins, orthophonistes, écoles, etc., pour ma part). J’ai passé beaucoup de temps à rédiger des courriers, les envoyer puis à rappeler pour proposer des rencontres… ce n’est pas ma partie préférée, et d’ailleurs 6 mois après mon démarrage je suis encore dans ces démarches, mais cela me paraît primordial pour se créer un réseau. J’ai également créé un site internet et une page facebook, je me suis inscrite (gratuitement) sur les Pages jaunes ainsi que sur Google. Tout cela apporte aussi de la visibilité, et selon moi il est important que les personnes puissent avoir une idée de mon travail lorsqu’elles font des recherches sur internet avant de vouloir me contacter.

J’aime beaucoup travailler en libéral car je m’organise comme je le souhaite, je travaille à mon rythme et à ma façon. C’est une liberté que je souhaite conserver. Cependant, ayant débuté il y a peu, il m’arrive d’avoir peur que ça ne tienne pas dans le temps, de ne pas arriver à vivre de mon travail… Certaines situations me posent question bien sûr, mais c’est aussi ça que j’aime dans ce métier : on en apprend tous les jours ! Je lis beaucoup d’articles et de livres, j’échange avec des collègues qui accueillent le même public que moi… Se lancer en libéral nécessite d’être au clair avec sa pratique : il faut arriver à s’organiser un planning, garder son cadre vis-à-vis des personnes que l’on reçoit, s’occuper bien sur de l’administratif, ce qui prend un certain temps… Ce sont des choses qui ne cessent d’évoluer au fil des différentes expériences. Je pense que j’ai eu la chance de faire un master où on nous a toujours dit qu’il était possible de s’installer en libéral peu après le diplôme, la pratique se construisant de toute façon sur le terrain tout au long de notre carrière.

Ayant toujours été intéressée par le travail avec les enfants, j’ai été particulièrement attirée par la psychologie du développement. C’est pour moi une approche vraiment intéressante, qui permet de mieux comprendre ce qui se joue tout au long de l’évolution de l’être humain. J’ai donc réalisé mon master 2 à Toulouse, avec la spécialisation Psychologie du développement de l’enfant et de l’adolescent. Grâce à cette formation, j’ai pu apprendre les fondamentaux non seulement en psychologie du développement mais aussi en psychologie clinique, avec une approche psychanalytique prédominante. Ce master m’a permis de me positionner à travers les différents courants théoriques qui existent, même si je continue à travers mes lectures et mes expériences à construire ma pratique. En parallèle, ayant toujours été passionnée par les animaux, une idée me trottait dans la tête… j’avais découvert au cours d’un reportage la médiation animale, autrement dit, un accompagnement à la thérapie avec pour médiateur un chien (ou tout autre animal potentiellement sociable). Je me suis donc rapprochée d’une association près de Toulouse, Câlinsoins, auprès de laquelle j’ai fait mes premiers pas en séances en maison de retraite. Etant de plus en plus occupée par mes études, et l’association étant assez loin de mon domicile, je me suis rapprochée d’une autre association, AnimalCâlin, située dans le Tarn. J’ai pu m’investir en tant que bénévole dès mon master 1 en participant aux séances et aux différents événements de promotion de l’association. J’ai également fait la formation proposée par Dominique Portal, la directrice, formation où j’interviens désormais pour un module psychologie d’une journée. Depuis l’obtention de mon master 2, je continue donc les interventions pour AnimalCâlin, principalement auprès des enfants, avec mon propre chien. Il vient également à mon cabinet pour certaines consultations, quand je vois qu’il peut y avoir un réel intérêt à sa présence (pour un enfant particulièrement angoissé par exemple).

Conclusion : j’ai beaucoup hésité à me lancer en libéral, on dit souvent qu’il faut de l’expérience, qu’on ne peut pas le faire à la sortie des études… et pourtant, maintenant que j’ai franchi ce pas, même si l’avenir est encore incertain, je me sens bien dans ma pratique et je ne voudrais pas revenir en arrière ! Il faut s’armer de patience, de motivation et de persévération… et bien sûr être capable de se remettre en question, d’innover, de lire sur tous les sujets, afin de répondre au mieux aux demandes qui nous sont faites.

Témoignage anonyme : psychologue en libéral depuis 4 ans. 

Je me suis installée en libéral en avril 2014, le lendemain de la fin de ma formation au premier niveau d’EMDR. Si je veux être complètement honnête, je dois avouer qu’avant de m’installer, je n’avais jamais reçu un seul patient au cours de mes stages. C’était un véritable saut de l’ange. Diplômée en 2011 après 5 années à Psychoprat, que j’avais rejeté en bloc car trop orientée psychanalyse, je commençais à m’ouvrir et à comprendre qu’il existait d’autres choses dans le monde de la psycho. J’embrayais rapidement sur la formation EMDR enfant, la formation longue à la systémie, le rafraichissement de mes compétences au bilan psychométrique et d’autres formations sur le haut potentiel par exemple. Je dois bien l’avouer, ces 4 dernières années ont été rythmées par des formations passionnantes qui ont contribuées à me donner confiance en moi à affirmer mon positionnement de psychologue.

Ouverture du cabinet en avril 2014. En décembre 2014, j’avais déjà 20 patients par semaine au cabinet. Comment ai-je donc envisagé mon activité ? Alors déjà, comme une cheffe d’entreprise. Il ne faut pas se leurrer. Il faut pouvoir manger. Je reçois toutes les populations (hormis les couples). Il faut savoir qu’y a une grande demande pour les enfants, et peu de thérapeutes qui les reçoivent. 

Les bilans psychologiques que je réalise ont aussi été une façon de me faire connaitre. Je sais que c’est un domaine qui est très médiatisé actuellement. Coup de bol : j’adore ça. J’ai choisi mes outils, en plus des traditionnelles WISCV ou WAIS, en fonction de mes croyances (l’Hipic, le test des Schémas de Young…). Je suis plus compétente qu’il y a 4 ans et je serai plus compétente dans 4 ans. Mais je me donne des moyens. Je dépense de l’argent pour en gagner : je me forme, j’ai des tablettes pour les tests, j’utilise les dernières versions en ligne pour une plus grande ergonomie. Bref je me facilite la vie.

Quand je commence le libéral, je passe aussi un partenariat avec une association de sécurité routière, je fais passer des tests aux automobilistes qui veulent récupérer leurs permis de conduire. Ça ne me passionnait pas au départ mais l’idée, c’était de vivre de mon activité. Aujourd’hui cela concerne une toute petite partie de mon CA, mais c’est une bouffée d’oxygène, de petits créneaux, une population que je n’ai pas l’habitude de recevoir, qui me demande seulement des compétences techniques et de la bienveillance.

Je suis au réel depuis janvier 2016. La deuxième année, de régulation, a été difficile j’ai du payer l’URSSAF et la CIPAV sur de grosses sommes. J’ai du rapidement passer au réel car j’ai dépassé les plafonds de l’AE dès 2015… Je ne me suis pas payé beaucoup jusque cette année. Je me payais 2000 euros net en moyenne car mes charges n’étaient pas mensualisées. Je mettais de coté pour les grosses régulations. Et de toute façon mon CA passait dans les charges fixes et dans les formations.

Cette année, je me forme moins. Je prends de nouveaux patients de manière ponctuelle depuis 2 ans quasiment. Je me sors 3500 euros net par mois et prends entre 10 et 12 semaines de vacances annuelles. Je pense à terme pouvoir toucher 4000 euros net. J’ai acheté ma maison l’année dernière. Je suis toujours aussi passionnée… La difficulté principale aujourd’hui est de poser des limites de temps à mon planning, je travaille énormément et j’ai 30 personnes sur liste d’attente. J’ai un secrétariat téléphonique qui filtre les appels, je viens de l’enlever, depuis 15 jours j’ai eu 25 nouvelles demandes que j’ai réorientées sans compter les personnes qui n’ont pas laissées de message. Il est parfois dur de dire non aux médecins ou psychiatres qui nous orientent de patients, ou aux enfants de collègues par exemple, mais j’ai compris qu’il fallait aussi me préserver. 

Ce qui est difficile à gérer pour moi également c’est l’insécurité liée à la santé. Je n’ai pas de prévoyance santé car comme je prends un traitement médicamenteux, les assurances refusent de m’assurer. Si jamais je tombe malade ou que j’ai un accident, je n’aurais aucune indemnité journalière. Donc si je peux vous donner un conseil : si vous ouvrez votre cabinet et que vous êtes en bonne santé, prenez une prévoyance même au plus bas.

Concernant la création de mon réseau, j’ai beaucoup investi en temps et en argent. J’ai fait de jolies cartes de visites et cartons d’informations : différentes pour les deux sphères de mon activité .

Les formations ont été un énorme vecteur de création de réseau. J’entends souvent dire « oui mais ça coute cher… » oui, mais le FIFPL prend une charge d’une part, et d’autre part les banques prêtent… J’ai emprunté plus de dix mille euros à ma banque pour m’installer. Pour acheter les tests, un joli mobilier (ça aussi ça compte, les patients apprécient vraiment se sentir bien) et me former. Et c’est fou le nombre de gens que l’on rencontre au cours des séminaires qui veulent nous orienter des personnes. Bref, ne restez pas dans votre coin… Formez vous, bougez, n’ayez pas peur. L’année ou je me suis installée, je pensais pouvoir compter sur l’activité de mon mari pour débuter. En janvier, son snack a été ravagé par une catastrophe naturelle que les assurances n’ont jamais couverte, autant vous dire que j’étais seule et que je n’ai pu compter que sur moi (et nous avons deux enfants). Et je me suis installée dans un région saturée de psycho en tous genre….

Voila pour mon expérience. Je souhaite rester anonyme mais je répondrais avec plaisir à vos questions s’il y en a ! Bonne installation à tous !

Témoignage de Delphine Renard

Je suis Delphine renard, psychologue clinicienne et coach de vie. Formée à la psychanalyse, la gérontologie, l’entretien motivationnel, la supervision et initiée à l’analyse transactionnelle. (Supervision : en septembre)

Après avoir travailler en France dans divers lieux en tant que psy et en tant qu’auxiliaire de vie en Angleterre (permis de découvrir la culture anglaise) j’ai ouvert mon cabinet pour francophone ici à Manchester. Par la suite (il a fallût 2 ans) j’ai développé une pratique en ligne. Cette activité m’a tout de suite plu (bizarrement) et mon cabinet a vite évolué.

Surpris par mon aisance et l’efficacité de cet outil, je  développe différentes activités. Psychonautes, cabinet en ligne pour thérapeutes (supervision, psychothérapie, formation et guidance professionnelle). Ainsi que va, vis et reviens, agence de consultation en ligne pour expatriés. Mon métier me passionne. Malheureusement dans le grand nord je me sens parfois bien seule, loin de mes pairs. Grâce aux réseaux sociaux (que je ne maîtrise pas encore très bien) j’ai pu rencontrer des gens formidables donc Morgane, psychologue d’orientation Tcc, avec qui j’ai cofondé psychonautes, ainsi que Chani, psychologue pour expatriés (vivant en argentine) avec qui je développe VVR.

Mon conseil pour les jeunes diplômés et ceux qui souhaitent se lancer:

  • Faites vous confiance
  • Travailler sur vous et vos fantasmes (du métier)
  • N’oubliez pas de regarder l’autre
  • Ne pas hésiter à se former en marketing
  • Le libéral : c’est un business (On doit en vivre)

Bon courage ! Lien : www.delphinerenard-psychologue.com

Témoignage de Laurie 

Je me présente: Laurie, diplômée depuis 2014 en psycho de la santé. Mon parcours est particulier car j’ai commencé par un DEUG (oui à l’époque ça s’appelait comme ça, c’est dire si je suis vieille!) de socio dans lequel j’ai découvert la psycho. Je me suis donc relancée dans la filière psycho mais en 2ème année avec les équivalences… j’avoue, j’étais vraiment pas une bonne étudiante, j’ai redoublé la 2ème année puis la licence. A ma décharge pour cette dernière, je bossai en parallèle, ça a donc été très dur pour moi…à la fin de la licence, un peu blasée j’ai stoppé mes études et continué de travailler, en me cherchant un peu beaucoup (j’ai fait un congé de formation pour faire esthétique mais je n’ai pas tenu 6 mois dans ce métier pour différentes raisons). Les épreuves de la vie, de grosses remises en question, un bilan de compétences et me voilà revenue sur les bancs de la fac, avec une seule candidature pour un master. Je n’y croyais pas mais j’ai été retenue et j’ai pu débuter le master à Paris 5. Au final je suis sortie de là avec mention Bien, une 1ère pour moi et une fierté non dissimulée, surtout enceinte de mon 1er enfant lors de la remise de diplôme.

Un 1er poste en tant que vacataire (attention d’ailleurs, les poste où on nous demande de nous mettre en micro entrepreneur sont abusives, c’est du salariat déguisé) pour un CCAS, je n’ai plus réussi trouver de poste….Malgré mes candidatures spontanées ou en réponse à des annonces…

Puis il a fallu déménager pour améliorer notre cadre de vie et l’opportunité de reprendre un cabinet dans une maison de santé de campagne sans charges (pas de loyer ni de charges locatives) s’est présentée en même temps que mon CDD dans l’éducation nationale donc j’ai cumulé pendant 1 an. Autant dire que se lancer en libéral sans expérience c’est… comment dire…effrayant!! Mais finalement, ça l’est aussi quand on a de l’expérience institutionnelle mais c’est pas la même chose…

Bref, je me suis lancée et là, le syndrome de l’imposteur a débarqué et est resté un moment… Le sentiment de ne pas savoir quoi dire, comment le dire, quoi faire, que le patient attend tout de suite une solution/réponse… Mais avec une supervision ou intervision et le courage de se lancer, de chercher, de lire et de se former ça aide et ce syndrome passe doucement…Surtout quand vous commencer à recevoir les témoignages et à voir les progrès de vos patients!

Cela fait presque 2 ans que je suis installée, je n’en vis pas encore mais ça tourne pas mal je trouve! Et le fait d’être avec des médecins généralistes jeunes qui n’hésitent pas orienter les patients ça aide beaucoup! Aujourd’hui, j’ai trouvé un poste en complément de mon libéral. Cela ne va pas être simple car les deux lieux ne sont pas proches mais au moins j’aurai ce qui me manque en libéral: le travail d’équipe et la possibilité (je l’espère) de développer plein de choses!! Donc, la peur n’évitant pas le danger, il faut se lancer et ne pas perdre espoir, tout en prenant garde de certaines choses (matérielles et financières pour le libéral). Bon courage à tous!

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.